Argent liquide : encore un choc de complication!

Publié le par Raymond Lévy

Le grand fantasme des banquiers et des énarques vient de resurgir dans les déclarations de Manuel Valls, Premier Ministre, au mois de mars : la disparition de l'argent liquide. Il y annonce un plan de chasse à l'argent liquide sous prétexte de lutter contre le terrorisme (Huffington Post) et contrairement aux promesses de ne pas faire un "Patriot Act" à la française.

Mais nos dirigeants rêvent tellement d'enquiquiner les citoyens, pour qu'ils n'aient plus l'esprit libre de réfléchir à la manière dont on se répartit les pouvoirs et l'argent public, qu'ils ne peuvent résister à la tentation.

Notre législation est totalement incohérente : pour de pures raisons de traçabilité fiscale, on a imposé l'usage du chèque en France, alors que les pays voisins ne l'utilisent plus depuis des années pour les règlements entre particuliers, au bénéfice des virements et des cartes de crédit. Qu'a-t-on trouvé d'intelligent pour encourager les Français à utiliser les chèques ? Les priver du droit d'utiliser ce mode de paiement s'ils ont un incident - parce que eux-mêmes n'ont pas les rentrées prévues dans leur commerce, ou parce que quelqu'un a stocké des chèques émis en période faste et les a présentés plusieurs mois plus tard, quand le compte s'est vidé....Du coup, les Français sont conquis par les virements et les paiements en espèces !

Quant aux chèques marqués "payables en France", sont-ils conformes à la norme européenne SEPA (Single European Payment Area), au marché unique et à la libre circulation des capitaux ?

Il n'y a personne de meilleur que les socialistes post-soixante-huitards pour vous amener une société stalinienne, exactement contraire à leur propagande électorale. On peut craindre que ces propositions soient votées avec enthousiasme car les pseudo-adversaires des socialistes, l'UMP devenue "Les Républicains", sont dirigés par un homme qui a de solides références en matière de flicage! On s'étonnera après de la réduction des échanges et de l'atonie de la consommation.....

Il faut au contraire supprimer une large tranche du décret-loi du 30 octobre 1935 réformé, qui régit l'usage des chèques , réduire la durée d'interdiction, voire supprimer le dispositif. Idem pour les fichiers des incidents de paiement qui empêchent des entrepreneurs de se rétablir et donnent à ce qui reste de la Banque de France un pouvoir bureaucratique injustifiable.

Qu'au lieu de baisser de 3.000 € à 1.000 € le droit de payer un achat en espèces (sachant qu'entre personnes privées l'infraction est indétectable dès qu'elle est commise), on s'intéresse à la vraie fraude fiscale et aux vrais financements du terrorisme, qui empruntent d'autres voies....De quel cerveau surchauffé est née l'idée de limiter à 300 € (au lieu de 3.000 € précédemment) les versements effectués aux guichets du Trésor Public, soupçonnés d'alimenter le blanchiment d'argent ? Combien d'allers-retours doit faire un interdit bancaire pour régler une simple taxe d'habitation (en produisant du gaz carbonique)?

Au lieu de nous inonder de normes et de formalités, quo'n nous laisse vivre un peu tranquilles, au lieu de nous révolter !

Note : l'expression "régler en espèces" vient des foires du moyen-âge et de la renaissance, pendant lesquelles les marchands acceptaient d'être réglés par le versement d'espices (épices) qui avaient une très forte valeur marchande, en lieu et place de pièces de monnaie qu'il fallait changer et étaient lourdes à transporter.

Publié dans Economie

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