Un juge (4) L'accès à la profession de magistrat

Publié le par Raymond Lévy

En ce temps là, la licence en droit durait quatre années. Après, on pouvait passer un DESS (Diplôme d'Etudes Supérieures Spécialisées), puis faire une thèse de doctorat, puis passer l'agrégation et devenir professeur des universités. On pouvait aussi passer des concours administratifs directement après la licence, ou bien se donner une année de plus pour les préparer plus solidement et se mettre en confiance. Le concours réussi, il fallait, pour les garçons non dispensés ou non réformés, effectuer une année de service militaire ou deux années de coopération à l'étranger.

En quatre ans, ou pouvait imaginer que les étudiants auraient eu le temps de se faire une idée du métier vers lequel ils voulaient s'orienter. Que nenni ! Les deux tiers environ arrivaient à la fin de leur licence sans avoir idée de leur avenir professionnel. C'était asses stupéfiant.

La plupart s'inscrivait donc en DESS et, comme il était alors facile de faire les deux ensemble, s'inscrivaient à la préparation du CAPA : Certificat d'Aptitude à la Profession d'Avocat. Souvent ils le réussissaient et devenaient alors avocats, sans vocation particulière, simplement parce qu'ils se trouvaient avoir suivi ce cursus. D'autres profitaient de ce temps supplémentaire pour se décider à faire leur choix, finissaient ou non leur DESS et s'orientaient vers la banque, vers la fonction publique, ou vers une autre profession. Il leur avait fallu cinq ans pour prendre assez de recul et faire un choix professionnel ! Encore fallait-il ne pas avoir trop traîné pour achever une licence, car les dilettantes se heurtaient à la barrière des limites d'âge autorisées pour bénéficier d'un sursis pour études avant d'accomplir leur service militaire, qui cassait leur molle dynamique : rares étaient ceux qui reprenaient des études après leur service militaire.

Le cycle L.M.D. (Licence -Mastère - Doctorat) s'est substitué à l'ancien cursus universitaire. La durée de la licence a été ramenée à trois ans. Avant la création des mastères, a existé un système dans lequel on passait une licence en trois ans, puis une maîtrise en un an, et on a décidé que tous ceux qui avaient passé l'ancienne licence en quatre ans devenaient titulaires d'une maîtrise.

J'ai réussi le concours de la magistrature immédiatement après avoir réussi cette licence. La majorité légale étant à l'époque à 21 ans (et non à 18,ce qui est venu plus tard), je me suis trouvé devenir dans le courant de la même année majeur, licencié et magistrat (sous le vocable d'Auditeur de Justice désignant les élèves du Centre National d'Etudes Judiciaire).

Publié dans Justice

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