L'Allemagne peut-elle rester dans l'Europe ?

Publié le par Raymond Lévy

Aigle allemande à Bad Urach (Wurtemberg)
Aigle allemande à Bad Urach (Wurtemberg)

La question peut surprendre aujourd'hui, les hommes politique allemands ayant l'Europe "plein la bouche" dans tous leurs discours et s'affirmant comme des européens convaincus et intransigeants.

Trop intransigeants, puisqu'ils ont humilié et failli rejeter la Grèce, pays membre de l'Union européenne, hors de celle-ci, en lui imposant (pas tout seuls, il est vrai) un Diktat économique.

L'Europe de Bruxelles et l'Allemagne ne nous parlent que de "concurrence libre et non faussée". Mais la concurrence de nos agriculteurs et de nos éleveurs avec leurs homologues allemands est largement faussée par le recours massif de l'agriculture allemande à une main d'oeuvre est-européenne, payée presque moitié moins que la main d'oeuvre utilisée en France. Dans les faits, c'est une trahison des principes proclamés.

Enfin, tout dernièrement, alors que des pays européens sont submergés par une invasion de réfugiés (vrais ou faux) et de migrants et cherchent à s'en défendre par tous moyens, y compris en Hongrie par le recours à l'armée, l'Allemagne se proclame prête à les accueillir, parce qu'elle a tout sacrifié à une prospérité immédiate et que les Allemands ne font plus d'enfants. L'Allemagne est en crise démographique, manque de main d'oeuvre et est prête à aller chercher une main d'oeuvre qu'elle sous-paiera, un peu comme des gouvernements français sont allés, il y a cinquante ans et plus, chercher des ouvriers maghrébins, dont les gouvernements suivants ont eu du mal à assimiler les familles : mais à l'époque, l'Europe n'avait pas de frontières ouvertes.

L'égoïsme de l'Allemagne, et son asservissement à une idéologie purement capitaliste bruxello-américaine, font qu'elle ne sert pas l'Europe mais qu'elle s'en sert, au risque de la perdre.

Au moins, l'attitude de l'Allemagne qui appelle des peuples étrangers, européens et non-européens, à venir peupler son territoire et y travailler, constitue-t-elle un renversement de l'histoire, oh combien ironique et tragique, si l'on se souvient que dans les années trente, elle réclamait un "espace vital" (Lebensraum) pour recevoir sa population trop nombreuse pour se contenter de son espace national !

Quant à la Russie, immense voisin de l'Europe, proie convoitée par le défunt régime nazi, quelle sera sa politique future, quand on sait qu'elle est menacée de perdre la moitié de sa population d'ici quelques dizaines d'années ?

Allemagne et Russie, aucune n'a plus de ressources humaines pour envahir l'autre et la peupler....ce qui décrédibilise le jeu de la Russie de Poutine d'un côté, de l'OTAN de l'autre, à se faire peur sur le dos de l'Ukraine, avec l'Europe au milieu, plus menacée d'une rupture économique suivie d'une cassure politique interne, que d'une irruption de l'Armée Rouge.

Publié dans Politique - Humeur

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