Sous le drapeau bleu (21) Séisme au Kosovo

Publié le par Raymond Lévy

Minaret décapité par le séisme
Minaret décapité par le séisme

GJILAN, 3 mai 2002, à 17 H 46 :

Vous n'aviez aucune nouvelle de moi depuis le 24 avril 2002, parce qu'il s'est produit un tremblement de terre à Gjilan et au Kosovo. J'ai récupéré l'accès à mon bureau et à l'internet il y a environ une heure. Le bâtiment avait été condamné (c'est un comble, pour un tribunal !) jusqu'au résultat de diverses inspections et expertises. Je traduis la dépêche d'agence :

"Un mort, au moins cent blessés dans un tremblement de terre au Kosovo."

BELGRADE, 24 avril (AFP). - Un homme est mort et au moins cent personnes ont été blessés dans la ville de Gjilan à l'est du Kosovo, quand un fort tremblement de terre mesurant plus de cinq points sur l'échelle de Richter a frappé le Kosovo, d'après l'agence Beta.

Le mort est Méhemet Salibichaj, un coiffeur local.

Le minaret d'une mosquée locale s'est effondré, tandis qu'un grand nombre de bâtiments étaient endommagés.

Le séisme a été ressenti dans la plus grande partie du Kosovo, et au delà, jusque dans les capitales de la Serbie et de la Macédoine.

Les gens se sont précipités dans les rues dans plusieurs villes du Kosovo, quand le séisme a frappé, à 12 H 52 (10 H52 GMT) selon Syl Tahirsylaj, du service de la météo du Kosovo. Il a indiqué que l'intensité du tremblement de terre a été de 5,4 points sur l'échelle de Richter, équivalent de 8 sur l'échelle de Mercalli, qui compte douze points, et son épicentre était à Gnjilane. Toutefois el chef de l'Institut de Sismologie de Servbie, Radovan Radulovic, a évalué l'intensité du séisme à 5,1 points sur l'échelle de Richter et 7 sur celle de Mercalli. Il a dit que l'épicentre était au Kosovo, 280 kilomètres (environ 170 miles) au sud de Belgrade, entre les villes kosovares de Vitina et de Urosevac.

On ne disposait pas de rapports immédiats en provenance de ces deux villes. Le tremblement de terre a été ressenti dans presque toute la province du Kosovo administrée par l'ONU, ainsi qu'à travers une grande partie de la Serbie, y compris dans la capitale Belgrade et aussi à Skoplié, capitale de la Macédoine voisine.

Il a causé une panique à Skoplié, où les résidents s'enfuyaient dans les rues."

Je connaissais la victime: c'était mon coiffeur, un homme très sympathique. Il a été frappé à la tête par la chute d'une brique, alors qu'il tentait de traverser la rue.

Nous avons ressenti une sorte de trépidation prolongée des murs. Nos gardes du corps ont aussitôt compris et nous ont à la fois poussés et soulevés vers les escaliers menant vers la cour de la prison, qui jouxte notre bâtiment. Dans la cour, des gardiens de prison faisaient difficilement face à quelques détenus visiblement désireux de profiter des circonstances. Les détenus ont vu une grille s'ouvrir, celle de l'accès à notre bâtiment, et se sont dirigés vers elle. Mauvais calcul ! Ils ont vu débouler nos gardes du corps allemands et américains, ceux qui ouvraient la marche étaient de vrais colosses : pour les détenus, ce fut comme si les Montagnes Rocheuses et les Alpes Bavaroises leur dégringolaient dessus ensemble ! La situation fut réglée en un clin d'oeil. Ensuite on nous ouvrit la porte de sortie de la cour de la prison, et n os gardes du corps nous firent entrer dans nos voitures blindées, qui attendaient à l'air libre et qui nous protégeaient des chutes de pierres ou de briques. Puis nous nous éloignâmes en convoi jusqu'au camp américain, à la sortie de la ville, site à l'intérieur duquel il n'y avait aucun risque et où nous pûmes attendre tranquillement la fin du séisme et de ses répliques éventuelles.

Il faut préciser que le TMK (la Protection Civile du Kosovo, lui tenant lieu d'armée) que nous avons vu à l'oeuvre, a parfaitement réagi à la situation. Nous avons appris que cette troupe avait eu un exercice huit jours auparavant à faire face à un hypothétique séisme !!!

Gjilan, 14 juin 2002 :

Après une période de calme, nous avons ressenti de nouveau de petites secousses telluriques hier et aujourd'hui.

Nous venons de finir un procès (Zequiri) de meurtres durant depuis près d'un an. Acquittement faute de preuves fiables.

J'ai un nouveau collègue qui partage mon bureau, il vient de l'Ile Maurice. Il parle français, ce qui est fort agréable.

Publié dans Justice

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