Sous le drapeau bleu (27) Faire et défaire, c'est toujours travailler

Publié le par Raymond Lévy

Gilet brodé en vitrine
Gilet brodé en vitrine

Gjilan, le 22 juillet 2002.

C'est beau, l'organisation, la méthode, la coordination !

Ce matin, j'arrive, je suis à peine en train de découvrir mon courrier électronique plus ou moins urgent que Cecilia, l'une des deux procureures internationales, me demande mon planning d'audition des témoins dans le dossier d'instruction sur lequel j'ai fini de travailler à 20 H 23 vendredi soir....Paraît que Pristina le demande. Qui, à Pristina ? L'histoire ne le dit pas....Je lui fais comprendre que je travaille avec méthode et que, avant de fixer des dates de convocation, il faudrait peut-être faire enregistrer ma décision d'ouverture d'investigations par l'administrateur, avec une traduction, un numéro et un tampon, sinon mes convocations ne seront pas légales.

Ceci fait, l'autre procureure, celle qui suit le dossier, la seule concernée, sera libre mercredi pour assister aux auditions (il faut convoquer l'avocat et le procureur pour entendre un témoin, dans ce pays). Bon, je fixe tout ça à mercredi prochain, quatre témoins, moi je ne travaille pas à moitié, non mais ! Et pour ça, faut que je sorte un ordre en bonne et due forme, sans lequel on ne peut pas convoquer les témoins. Je le fais et le diffuse. Ouf !

Pas tranquille pour longtemps ! Un legal officer vient me dire que mercredi, il y a déjà un procès, qu'on a une seule greffière qui sera déjà prise, et que si c'était un effet de ma bonté (inépuisable), ce serait bien de reporter deux témoins le vendredi matin, parce que autre chose le mardi après-midi, j'ai oublié la raison. Bon, je me fends d'un autre ordre, je diffuse, j'informe la personne qui centralise nos programmes à Pristina.....Ouf !

L'autre legal officer s'avise que j'aurais du la consulter aussi, mais finalement elle voit qu'on pourra s'arranger, et elle diffuse diverses indications de divers procès, dont un que je vais présider, et les indications concernant mes témoins.

Pour les prochains, j'ai une furieuse envie de coller la date de convocation au trente février ! Mais bon, faut travailler dans la bonne humeur constructive.....

Pour me changer les idées, une délicate attention d'un de mes gardes du corps, un capitaine de police ukrainien, Sergueï. Comme il sait que je suis collectionneur, il s'est donné la peine de trouver des épaulettes d'officier de police ukrainien, du grade correspondant au mien,me dit-il (Colonel). Il m'explique le système ukrainien des grades. Ce sont des épaulettes de tenue d'été, bleu clair,qui ressortent bien sur les chemises noires des policiers ukrainiens. La gentillesse et la spontanéité du geste, et la peine qu'il s'est donnée de trouver un grade précis, sont remarquables et méritent d'être signalées.

Dans le même genre, un de mes amis, enseignant en France, m' a demandé un casque bleu. Mais ici, les gens de la KFOR sont en casque camouflé, et la police utilise, non le casque, mais un béret bleu, avec un bel insigne émaillé blanc, et ça, on en trouve toujours au « Blue PX » de Pristina, j'ai déjà fait son achat, ce n'est pas ruineux. Il n'y a guère de souvenir typique du pays, mais un très beau livre vient de paraître sur les costumes folkloriques et traditionnels d'Albanie, qui influencent ceux du Kosovo (c'est le deuxième volume) en édition multilingue. On le trouve à la librairie Dukagjini à Pristina.

Kosovo, 24 juillet 2002, message (en anglais) de mon collègue allemand Georg : « Raymond, j'ai besoin de ton aide en tant qu'expert en armement. Quel est le calibre d'une AK 47/Kalashnikov? Merci. » Je le renseigne en lui indiquant que la différence entre les munitions OTAN et les munitions d'AK 47 réside dans la longueur de l'étui (7, 62 x 39 pour l'AK 47 et 7,62 x 51 pour le calibre OTAN).

Publié dans Justice

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