Sottises sur le sort des réfugiés

Publié le par Raymond Lévy

Sommés d'accueillir des migrants, les maires réagissent de façon très diverse et certains indiquent leur souhait ou leur volonté de choisir ceux qu'ils accueilleront peut-être. Aussitôt les dirigeants étrangers, les censeurs auto-intronisés, l'ONU, les grandes âmes et les politiciens intéressés à prendre des poses, divers médias,se mettent à tonner : "Impossible ! Vous ne pouvez exercer aucune préférence ! Pas de discrimination! Les Etats se sont engagés par convention internationale à accueillir tous les réfugiés !" Un maire rétorque: "Je suis chez moi, je fais ce que je veux !"

Ils ont tous raison !

Les premiers ont raison sur un point. Il est exact que des Etats ont pris des engagements. Mais c'est bien là le problème. Ce sont les Etats qui se sont engagés. Pas leurs collectivités locales. Constitutionnellement, notre Etat, la République Française (je n'emploie pas le terme Etat Français, connoté Vichy), s'est engagé, mais il n'a aucune autorité en la matière sur nos collectivités locales. Il ne peut exercer un pouvoir sur elles que lorsque les lois le prévoient : tenue de l'état-civil, tutelle financière en cas de déficit, organisation des élections,organisation territoriale et urbanisme (partiellement), exercice de l'activité d'officier de police judiciaire des maires et adjoints...... Pour le reste, le président de la République, le gouvernement, et toutes autres autorités étatiques, ne peuvent pas leur dicter leur conduite aux collectivités locales, ils ne peuvent que tenter de l'influencer.....

Le maire qui dit qu'il fait ce qu'il veut chez lui (du moins avec son conseil municipal) a raison en droit : chaque commune est autonome. En morale, chacun apprécie, mais nul ne peut dicter leur conduite ni leur politique locale : les élus locaux ont (encore...?) des pouvoirs propres.

On ne peut que constater, une fois de plus, que nos dirigeants nationaux, qui n'exercent pas les pouvoirs qui sont les leurs, par exemple leur pouvoir régalien de faire dégager la voie publique obstruée par des gens du voyage, et rendre à des milliers de citoyens leur liberté de circulation, droit fondamental, et s'en vantent par voie de conférence de presse, veulent à toute force exercer les pouvoirs qu'ils n'ont pas. Le conseil constitutionnel ne cesse de rappeler que, selon nos textes fondamentaux, un pays qui n' a pas de séparation des pouvoirs, n'a point de constitution.

Reste la compassion envers les personnes qui souffrent dans leurs zones géographiques d'origine et y sont persécutées, envers lesquelles s'appliquent des conventions internationales : les réfugiés potentiels, à distinguer des simples migrants qui par volonté personnelle tentent de faire accepter ou d'imposer leur présence, et qui ne peuvent revendiquer aucun droit ni aucune solidarité systématique(sans pour autant être forcément indignes de compassion).

Il faut comprendre, pour exercer notre compassion de façon raisonnée et organisée, que justement les islamistes, et notamment Daech, poussent des masses humaines vers l'Europe pour désorganiser l'Occident, incapable de les absorber brutalement. De même qu'ils exploitent les champs pétroliers conquis, ils financent les passeurs, ou se font corrompre par eux, et poussent vers eux une matière humaine qu'ils méprisent, ce qui augmente leurs ressources tout en nous créant des problèmes ! Ils ont fait de la compassion une arme médiatique et un piège.

Le problème de nos pays est cornélien : ne pas se laisser insensibiliser aux malheurs d'autrui, réussir à les alléger sans être pris pour des cons.

Publié dans Politique - Humeur

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