Une France disloquée, Bruxelles dans les choux !

Publié le par Raymond Lévy

Au moment où la Catalogne a exprimé un voeu d'indépendance , la France s'apprête à élire ses exécutifs régionaux. Certaines régions restent dans leurs limites, d'autres sont regroupées de force et sans consultation dans des ensembles dépourvus de toute cohérence. L'Alsace sera certes dotée d'une super-métropole régionale, au même endroit - est-ce un hasard? - que le Parlement européen. Mais que restera-t-il administrativement de sa forte personnalité dans un ensemble alsaco-lorrain-champenois qui n'a pas encore de nom ? L'appellera-t-on royaume d'Austrasie, en restaurant une féodalité pré-nationale ? Les Alsaciens sont voisins des Lorrains, mais ils n'ont pas de contact avec les Champenois et n'ont en commun que le raisin...

En réalité, tout cela obéit à un dessein européiste. Comme l'explique le député Nicolas Dupont-Aignan dans son blog (13 octobre 2015) : ""De quoi s'agit-il? D'une vision future du continent dont l'organisation reposerait essentiellement sur l'échelon européen et sur celui de grandes régions aux larges prérogatives, qui ne seraient plus que formellement soumises au cadre national-étatique....Des cartes circulent, où l'organisation territoriale est complètement chamboulée, avec par exemple la suppression de toute référence à la France, remplacée par d'immenses régions - dont les contours, ô hasard, ne sont pas toujours étrangers au redécoupage décidé par Manuel Valls il y a quelques mois...Bruxelles et les fédéralistes veulent la peau des Etats-nations."

Mais cela comporte pour François Hollande, pour son gouvernement et pour les eurocrates, plusieurs dangers.

Les présidents de ces régions, forts de leur nouvelle puissance féodale, seront peut-être des interlocuteurs plus coriaces que notre gouvernement soumis et effacé. Ce gouvernement a perdu une grande part de ses élus départementaux et européens, et s'apprête à perdre une grande part de ses élus régionaux. Ce qui signifie qu'il n'aura plus de relais territoriaux, mais ne disposera que de ses préfets et de l'appareil d'Etat, que tant Sarkozy que Hollande ont saigné à blanc.

Des forces opposées aux institutions bruxelloises vont parvenir aux commandes de certains de ces nouveaux ensembles, tenir tête à la fois à Paris et à Bruxelles. Des lignes de fracture vont apparaître, et le pouvoir réel des technocrates bruxellois risque fort de subir un méchant coup de bâton en retour. Les populations et les élus locaux, qu'on force à fusionner sans leur consentement dans des intercommunalités et des régions qui leur deviendront étrangères, pourraient bien se rebiffer et se rebeller contre l'orgueilleuse aristocratie énarchique et bruxelloise, voire la mettre à bas ! Ce ne sera pas rapide, mais nos gouvernants, trop sûrs d'eux, sont aveugles à ces dangers. Tant pis pour eux. Rien ne nous interdit d'être attachés à l'Europe, comme aire d'une culture commune, et de mépriser ses représentants et ses esclaves et les sanctionner.

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