Expansions

Publié le par Raymond Lévy

Drapeaux et armoiries à Budapest
Drapeaux et armoiries à Budapest

Un article du Courrier International diffusé sur Internet intitulé "Tout compte fait, l'Islande ne tient pas à rejoindre l'Union Européenne" nous apprend que six ans après avoir demandé l'adhésion à l'Union, "la nation insulaire fait marche arrière.En cause : des désaccords sur les questions d'agriculture et de pêche". Cet article, passé totalement inaperçu pendant la campagne pour les élections régionales en France, reprenant une information du journal Morgunbladid, précise que le ministre des affaires étrangères islandais a remis une lettre à la présidence lettone de l'UE et à la Commission, formalisant la décision de l'exécutif de ne pas reprendre les négociations: "Le gouvernement considère une l'Islande n'est plus un pays candidat." La candidature avait été présentée en 2009, pendant une crise financière, les négociations ouvertes en 2010, suspendues en mai 2013 "à la suite de l'arrivée au pouvoir d'une coalition de centre droit, opposée à l'adhésion".

Très bizarrement, les pays européens apportent au même moment une aide financière à la Turquie, qui trahit l'Europe en soutenant Daech, pour qu'elle filtre ou garde les migrants chez elle, et rouvrent les négociations sur son adhésion au pire moment, alors que les opinions nationales sont de plus en plus réticentes ou hostiles, y compris, dit-on, l'opinion publique turque......Comprenne qui pourra ! Plus anecdotiquement, le même Courrier International nous apprend qu'une tombe de Soliman le Magnifique a été découverte dans le sud de la Hongrie, qu'il tentait de conquérir, à l'endroit où il est mort en 1566. En fait, le sultan a été enterré à Istanbul, mais les Turcs ont érigé un petit monument là où il est mort, près de Szigetvar : sous réserve que l'on y découvre le coeur ou d'autres organes du souverain, il s'agit plutôt d'un cénotaphe que d'une tombe.

Nous sommes informés à peu près en même temps de la découverte historique des limites de l'expansion en Europe de l'empire turc, que son sultan actuel M. Erdogan rêve d'étendre ailleurs sous la forme d'une zone d'influence sunnite, ambition qu'il partage avec Daech (partenaire ou rival, partenaire et rival ?), et de l'arrêt, au Nord-Ouest, de l'expansion institutionnelle de l'Europe euro-atlantique de Bruxelles, par le refus de l'Islande. De quoi méditer sur les flux et reflux des influences territoriales...

Pendant ce temps, nos hommes politiques occultent complètement les évolutions géo-stratégiques de leur politique, s'ils en ont une, et selon Capital.fr, le premier ministre M. Valls tient des propos grotesques sur un risque de guerre civile en cas de victoire électorale du Font National......Guerre de qui contre qui ? Qui y serait prêt ?Mystères ! La campagne électorale est terminée, et nous verrons dimanche soir ou lundi matin dans les urnes s'il a été capable d'une victoire plus pacifique.

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