Taubira, soulagement

Publié le par Raymond Lévy

SORTIE A GAUCHE
SORTIE A GAUCHE

L'annonce est sortie ce matin : Christiane Taubira s'est(enfin!) retirée. C'est la fin d'un épisode guignolesque et d'un psychodrame comme seuls les socialistes comme seuls les socialistes sont capables de les mettre en scène, au détriment du sérieux attendu de l'activité gouvernementale. La crédibilité de ce qui restait du gouvernement de Manuel Valls était "dans le rouge". François Hollande aura-t-il réussi à inverser la courbe du déconnage, de l'ahurissement et de la rigolade ? Peut-être. Le sort de madame Taubira, par rapport à celui de messieurs Montebourg et Hamon, relevait d'une sorte de "discrimination positive", anomalie à laquelle il vient d'être mis fin. Pour Manuel Valls, réussir à relever la considération accordée à son gouvernement sera une lourde tâche. Monsieur Raffarin lui dirait que la route est droite, mais que la pente sera rude.....

Plus sérieusement, notons que la chancellerie, nom que l'on donne par tradition au ministère de la Justice, supposé être le ministère de la Loi, et de son élaboration,avait perdu le pilotage des réformes pénales, constitutionnelles et de procédure, au profit d'autres ministères. L'idéologue Christiane Taubira cède son maroquin à M.Urvoas, qui s'était préparé pendant des années à occuper un jour celui de l'Intérieur, et avait acquis une réputation de compétence dans le domaine de la sécurité. Il a pu approfondir les réformes qui vont être discutées, en sa qualité jusqu'alors de président de la Commission des Lois de l'assemblée Nationale. On peut espérer que le ministère de la Justice sera maintenant capable de "reprendre la main", en bonne entente avec le ministère de l'Intérieur de M. Cazeneuve, et mettre fin à sa marginalisation malsaine dans la situation actuelle. Mais que de temps et d'énergie perdus ! On veut bien que, dans la théorie politique, les politiques soient supposés avoir des idées et les mettre en oeuvre, mais quand les coups publicitaires présumés changer la société sont tirés et qu'on n'a plus de munitions que pour bloquer toute évolution de la même société, il est politiquement temps de partir. Si madame Taubira voulait partir en conservant une image d'icone de la gauche, il lui fallait le faire en temps opportun. Elle n'a pas su le faire, l'Icone a perdu son éclat et est remplacée dans son cadre doré par une image d'enquiquineuse. Son départ est un soulagement universel, y compris pour ses "amis" politiques.

Publié dans Politique - Humeur

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