Commission européicide

Publié le par Raymond Lévy

Satellite
Satellite

Décidément, les commissaires de Bruxelles n'ont d'autre vocation que d'étouffer toute velléité d'exister hors de la domination américaine. Ils ont la rage de détruire ou d'entraver tout ce qui a réussi avant eux ou sans eux. "Supersonique", le blog de l'aéronautique de défense, qui parle d'un jour de deuil, "FIGAROVOX/TRIBUNE" et "Challenges.fr" (avec l'AFP) nous livrent une information qui n' a pas fait les gros titres des médias conformistes.

"Le 26 février 2016 restera dans l'histoire de l'industrie spatiale européenne comme un jour de deuil, le jour où la Commission Européenne a empêché le mariage d'Airbus et d'Ariane, par crainte de créer un numéro un mondial qui écrase les concurrents américains, russes et chinois.Peut-on encore croire que l'avenir de l'Europe passe par les technocrates de Bruxelles après un tel fiasco?"

De quoi s'agit-il ? Arianespace est le leader mondial sur le marché du placement de satellites commerciaux en orbite géostationnaire. Ses principaux concurrents sont les entreprise américaines ILS et Space X. Rappelons que l'Europe, après bien des résistances, s'est lancée dans un programme de satellites de géo-localisation, Galilée, concurrent du système GPS (Global Positioning System) que le Pentagone peut couper s'il le désire: notre indépendance nécessitait autre chose. Oh mais, faire concurrence au protecteur américain - qui d'ailleurs n'a plus guère envie de protéger l'Europe - c'est quelque chose dont les commissaires européens ne se consolent pas....Par ailleurs, Arianespace jouit de facto d'une situation de monopole sur les marchés européens des lancements,et a recours à des lanceurs fabriqués par trois entreprises différentes, dont le lanceur Ariane, fabriqué par ASL, mais elle respecte la concurrence et n'accorde pas d'exclusivité à ASL, laquelle est une entreprise commune contrôlée à parts égales par Airbus et Safran. Airbus est aussi un des principaux fabricants de satellites dans le monde. Airbus et ASL fabriquent tous deux des adaptateurs de charge utile et des séparateurs.

Ariane, Airbus et Safran souhaitent donc rassembler toutes leurs activités spatiales au sein d'une seule entreprise, afin de diminuer les coûts et d'atteindre une taille permettant de faire face aux satellites de Boeing, aux fusées américaines et aux autres concurrents américains, russes et chinois, tous massivement subventionnés par leurs gouvernements respectifs, alors que la Commission Européenne a les subventions en horreur dans l'Europe....Créer un numéro un mondial européen en ce domaine n'est pas vu comme une chance par la Commission, mais comme un risque de dénaturation de la concurrence. Le dogme absurde de "la concurrence libre et non faussée" professé par cet organisme européen parasite est ridiculisé par les distorsions des prélèvements fiscaux et sociaux acceptés par cette Commission entre Européens, et hors de propos puisque les monopoles existent déjà. Mais la Commission a ouvert le 26 février une enquête approfondie sur la prise de participation majoritaire d'ASL dans Arianespace, par rachat des parts du CNES, l'agence spatiale française. Fusionner Arianespace et ASL n'enlèvera pas d'acteur au marché européen, puisque l'intégration sera verticale, groupant l'utilisateur et le lanceur. La Commission feint de croire que le lanceur se privera volontairement de la clientèle rémunératrice des autres producteurs de satellites, alors qu'au contraire il pourra les attirer par de meilleures conditions économiques. Il s'agit en fait d'une tentative de torpillage des seuls succès européens des quarante dernières années, Airbus et Ariane. Nos dirigeants sont allergiques à l'idée de réussite, qui les révulse et les horrifie, car l'échec est la seule référence et seule fierté des technocrates. La seule concurrence libre et non faussée à laquelle elle se dévoue, ce n'est pas la concurrence entre entreprises européennes, c'est la concurrence des entreprises américaines (géantes et subventionnées) face aux entreprises européennes ou, pire encore, françaises, maintenues dans leur nanisme, et offertes aux offres d'achat américaines.

Le Figaro, agréablement moins conformiste qu'on ne l'a connu, conclut:

"Décision dramatique parce que la Commission de Bruxelles continue à étouffer nos industries au nom d'un dogme fou.....longue liste des refus de créer des champions européens...Décision révélatrice parce qu'elle illustre l'opposition fondamentale entre deux conceptions de l'Europe: l'Europe qui réussit, celle des alliances entre nations, celle d'Airbus et d'Ariane; et l'Europe qui échoue, celle de Bruxelles et des technocrates.(....)Le secret de leur réussite est justement, ou plutôt était, qu'ils échappaient à l'Europe de Bruxelles. Maintenant que la Commission de Bruxelles peut contrôler Airbus et Ariane, elle s'empresse de leur couper les ailes(...)Airbus et Ariane doivent rester des alliances entre Etats souverains(...) sans aucun droit de regard de la Commission européenne(...)L'Union européenne combine les pires défauts de la concurrence sauvage, avec le spires défauts du contrôle technocratique."

Je rejoins les auteurs de l'article : Il est temps de changer d'Europe !

Mais puisque la Commission pleure après la concurrence en matière de lancement de satellites, je vais faire l'acquisition d'un lance-pierre et faire un appel à la fourniture de satellites miniatures. Comme un lance-pierre est un objet de trop haute technologie pour moi, il est probable que je lancerai mes satellites à la main, seule méthode sûre pour qu'ils retombent au delà de mes fragiles orteils. Je pourrai m'enorgueillir (ou m'affliger) d'avoir ainsi sauvegardé l'existence d'une "concurrence libre et non faussée" intra-européenne chère à Bruxelles, avec mes lancements dans les choux...

Publié dans Politique - Humeur

Commenter cet article