Hé-Ho-les folles !

Publié le par Raymond Lévy

Attention troupeaux
Attention troupeaux

On n'est jamais déçu en France, quand la faune qui nous gouverne se donne en spectacle ! A droite, Jean-Marie Le Pen et sa file Marine choisissent le jour de la fête d'une sainte qu'ils invoquent tous deux, pour s'excommunier réciproquement, comme aux plus beaux jours du grand schisme d'Occident, et se menacer de procès en sorcellerie et de coups bas. A gauche, ou quelque part, Stéphane Le Foll lance un grand cri de détresse à "la Gauche" qui, si elle existe encore, a disparu de ses yeux, pour tenter de la rassembler derrière le plus bancal de ses candidats. Il faut dire que, si la Gauche a disparu aux yeux de ses dirigeants théoriques, c'est parce que la réciproque est vraie : il n'a plus de "peuple de gauche" (moi, de toute façon, je ne crois qu'en un seul peuple, le Peuple Français.....avec des majuscules), mais les électeurs qui se considéraient de gauche ne reconnaissent plus leurs dirigeants qui eux-mêmes se considèrent comme une droite sociale, mais on ne sait pas très bien en quoi elle est sociale....., libérale, atlantiste, américaniste et européiste - ces adjectifs semblent être devenus synonymes - vendue au grand patronat mais ennemie féroce du petit patronat. La gauche disparaît ou va disparaître des urnes, et disparaît de la visibilité publique. La droite, divisée en une douzaine de candidats, en attendant les suivants, se focalise sur des primaires auxquelles nous n'accordons qu'un intérêt secondaire.

Le gouvernement en place nous offre le spectacle clownesque de deux ministres antagonistes, Jean-Marc Ayrault, symbole de tous les échecs du quinquennat, prêt à taper sur la gueule des opposants écologistes à son projet chéri de nouvel aéroport nantais, et Ségolène Royal, ministre de l'écologie, qui cherche à récupérer pour son ex-compagnon (à qui elle avait pourtant aimablement soufflé, avec le succès que l'on sait, la candidature à une précédente élection présidentielle, mais à qui, comme Ayrault, elle est redevable de sa récupération au gouvernement) l'apport de quelques voix écologistes, miettes indispensables pour une répétition de candidature du plus nul des responsables dits socialistes. Ségolène a une obsession : faire savoir qu'elle est là, faire parler d'elle. Elle a réussi à évincer Laurent Fabius des festivités de la COP 21, et effectivement ce dernier ayant accepté le poste de président du Conseil Constitutionnel impliquant de ne plus être impliqué dans la politique politicienne ni dans la gouvernance ou les souvenirs de la gouvernance, elle ne pouvait que gagner. Mais pour exister au delà de ce qu'elle est : l'ancienne compagne du président, une ancienne candidate battue, et une ministre repêchée, elle a trouvé une méthode peu sympathique : emmerder tout le monde dans le seul but de faire parler d'elle. Ce rôle lui convient très bien, elle est douée, elle le remplit à la perfection. Elle vient d'en apporter dans la presse de ce matin une éclatante démonstration. Dans l'affaire dite de "la ferme des mille vaches", alors que la préfecture avait laissé passer le délai imparti par la loi pour instruire une demande de regroupement de troupeaux et donc de dépassement du quota initial de têtes de bétail autorisé, l'absence de réponse entraînant acceptation de la demande, ce que le Tribunal administratif a pris en considération (pour ne pas dire qu'il en a pris acte, ne s'étant pas encore prononcé sur le fond) pour lever des sanctions provisoires devenues apparemment dépourvues de fondement légal, madame "Hé Ho Je suis là!" a annoncé qu'elle décidait une nouvelle enquête publique, alors que la précédente aboutit à des conclusions favorables à l'exploitation et qu'un comité consultatif s'apprêtait, selon le Courrier Picard, à rendre ce matin même un avis favorable.A quoi servent les enquêtes, à quoi servent les services préfectoraux désavoués, à quoi servent les comités ???? Cette nouvelle enquête, d'une légalité douteuse, va prolonger l'incertitude économique de plusieurs mois et coûter quelques centaines de milliers d'euros supplémentaires : c'est la rente que la République doit à madame Royal, selon ce qu'elle croit. C'est aussi l'art de retarder les décisions, comme pour la centrale nucléaire de Fessenheim, au profit du gouvernement de l'indécision institutionnalisée. Madame Royal se dit que, tant qu'elle a une capacité d'emmerdement, son royal président n'osera pas la larguer de son poste. Mais quelle légitimité a-t-elle pour faire suer les électeurs et les contribuables? Rappelons qu'elle n' a pas été élue aux dernières législatives, pas plus qu'elle ne le sera en 2017. Je n'ai pas d'opinion savamment définie sur "la ferme des Mille Vaches", mais j'en ai une viscérale contre Ségolène Royal, femme entretenue de la République (elle n'est pas la seule.....).

"Hé Ho l'emmerdeuse , dégage !"

Publié dans Politique - Humeur

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