Bruxelles est une île

Publié le par Raymond Lévy

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Il était de tradition d'expliquer la politique du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande en soupirant, en s'exclamant ou en pontifiant :"l'Angleterre est une île !", et on ne va pas manquer de commenter la décision référendaire de ses habitants en y voyant un retour nostalgique à l'insularité. On aura tout faux. L'Europe ne fait plus recette. j'avais commenté le 8 avril 2016 dans un article intitulé "Brexit Nexit" le référendum néerlandais par lequel un accord d'association entre l'Ukraine et l'Union Européenne avait été rejeté par une majorité de 64% des votants, et rappelé que l'Islande avait officiellement retiré sa candidature. J'écrivais : "L'union européenne est en panne, elle n'assure pas, comme promis, la sécurité et la prospérité des citoyens européens." Mais de la préoccupation économique des Européens, nous sommes passés à une interrogation plus fondamentale,sur la survie des peuples et des nations. Margaret Thatcher avait le sentiment que son pays était pillé par Bruxelles. La Grande Bretagne ne nous dit plus :"I want my money back!", elle nous dit (et d'autres pays avec elle): "I want my People back!"

Faire l'Europe semblait une belle idée, mais elle a été totalement pervertie par l'installation et la domination d'une structure et d'une néo-aristocratie impérialistes, autoritaires, d'idéologie américaniste et financière, méprisant les peuples à qui Jean-Claude Juncker indiquait avec mépris qu'ils étaient réduits à un état de minorité légale sous la tutelle de Bruxelles et ne pouvaient pas revenir sur les traités européens ni légiférer en sens contraire; Les peuples se vengent de ce mépris. Ils ne sont pas responsables d'une éventuelle désagrégation de l'Europe.

La Grèce martyrisée se révoltera un jour. L'échec des tentatives d'instauration d'une Europe supra-nationale est entièrement dû aux fanatiques d'une construction déconnectée de ses peuples, tout comme notre classe politique nationale l'est du Peuple Français. Pour les deux : l'aristocratie de Bruxelles et la classe politique dominante en France, il y a de la disparition dans l'air. Les deux n'ont plus rien à nous proposer. Le président de la République Française, institutionnellement chargé de proposer et fixer les grands choix de la France, s'en montre tout à fait incapable et a même oublié le sens et la légitimation de sa fonction et ne pense qu'à ses petites manoeuvres d'apparatchik pour tenter de se faire réélire sans aucune ambition pour la France.Notre pépère dodu veut seulement jouir du confort et des agréments de la fonction. Marine Le Pen ne sera pas forcément celle qui retirera le bénéfice de la nouvelle situation européenne, mais elle avait visé juste et nous avait bien fait rire par son interpellation à François Hollande :"Monsieur le vice-chancelier d'Allemagne". Je ne sais pas qui sort gagnant de la situation, mais on peut compter parmi les perdants David Cameron, François Hollande, Jean-Claude Juncker et Angela Merckel, et un peu tout "l'establishment". Quant à l'influence de la France en Europe, vous remarquerez qu'on ne parle jamais que de Bruxelles en oubliant Strasbourg, siège du Parlement européen......Mais ce n'est aujourd'hui la Grande Bretagne qui est une île, c'est Bruxelles dans son isolement hautain, battue par des flots hostiles.

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