Guignol, président !

Publié le par Raymond Lévy

Que ne ferait-il pas pour échapper à la Justice ? Sa situation devient apparemment brûlante : Nicolas Sarkozy, auquel l'affaire Bygmalion et ses ramifications donnent l'image d'une croqueuse de diamants (et peu importe la vérité, en politique c'est l'image qui compte, pour lui et sa classe) qui a dépensé, sans s'en apercevoir...?, deux fois plus que ce qu'il était autorisé à faire pour sa précédente campagne électorale, a trouvé un moyen génial d'échapper à l'enquête, à l'instruction et à la condamnation éventuelle : il propose de supprimer le juge d'instruction ! Casser le thermomètre pour nier la fièvre est une vieille recette. Suggérons-lui d'aller plus loin : supprimer le Code pénal, ou tout au moins les articles concernant les campagnes électorales, le financement public, les infractions financières. Puis, comme Erdogan en son pays, supprimer ou incarcérer les juges qui enquêtent sur lui, et les journalistes qui  font part de leurs enquêtes. Etant chanoine honoraire du Vatican, Nicolas Sarkozy est assurément un modèle de vertu immarcescible. On  remplacera donc les articles concernant la finance par un article recréant l'infraction de sacrilège pour toute allusion mettant en cause ladite vertu.

Emmanuel Macron se joint à Nicolas Sarkozy pour nous faire rire. Il prétend nous faire don de sa  personne pour renverser le Système, dont il est le plus pur représentant : énarque, inspecteur des finances, banquier d'affaires puis ministre (il est maintenant sans portefeuille, ce qui est un comble pour un financier), il est la plus parfaite incarnation de ce que les citoyens du monde rejettent : une "gentry", une aristocratie cooptée et labellisée par Sciences Po ou des écoles de commerce, et l'ENA, se croyant par grâce spéciale sinon divine avoir vocation évidente à recevoir les plus hautes prébendes de la République. Il n'a derrière lui ni oeuvre ni bilan, à part une petite loi sur les autocars, seul point positif, et veut se faire élire en reniant son rôle dans la politique économique catastrophique du quinquennat du préretraité François Hollande, qu'il faudra expulser avec l'aide des huissiers de son palais de l'Elysée à la fin de la trêve hivernale, malgré ses manoeuvres dilatoires pour faire signer un nouveau bail. Rappelons qu'avant d'être ministre de l'Economie, E. Macron a été le directeur de cabinet de François Hollande : comment peut-il espérer se détacher, s'absoudre, se purifier des résultats de la politique délétère qu'il a inspirée et appliquée ? Assumer le rôle de Brutus qui occit le régnant François-César ne suffira pas à lui donner l'image d'un pur Républicain, ni d'un homme neuf. Il n'est déjà plus qu'un jeune vieux, poussé en avant par ceux qui craignent la déconfiture de leur jouet actuel. Il ne représente pas un renouvellement de l'offre politique.Il n'a d'ailleurs pas encore proposé une seule idée. Nous en revenons à l'adage ci-dessus: en politique, peu importent la vérité et les idées, ce sont les images qui comptent. Macron est une Hillary au masculin, mais moins bien implanté qu'elle, et représente la même conception aristocratique du pouvoir. On nous dit qu'il peut mordre aussi bien sur le capital de Juppé que sur celui d'un candidat socialiste. peu importe, il s'agit de fauves qui se mordent entre eux. 
L'électeur de base, lui, s'en fout, ou bien il a envie de mordre...pour de bon !

 

Publié dans Politique - Humeur

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