Les classes moyennes

Publié le par Raymond Lévy

J'ai lu divers articles et publications, tentant de définir les classes moyennes. Pour certains statisticiens, elles commencent dès qu'on gagne plus que le SMIC, et jusqu'à deux-mille euros.  C'est ridicule, il s'agit là encore de la classe ouvrière, si l'on admet qu'elle existe encore, dès qu'on la crédite d'une qualification ou d'une ancienneté quelconque (et souvent, elle n'a rien à ce titre...).d'autres la font commencer à 2.000 euros, et sont en désaccord sur le niveau de revenus auquel on entre dans la basse classe moyenne ou la classe moyenne supérieure, la "upper middle class" des anglo-saxons. Bref, tout le monde croit savoir mais personne ne sait. la seule chose que l'on sait, c'est qu'on fait dire ce qu'on veut aux chiffres.

Alors, ne nous occupons pas des chiffres avancés par les statisticiens, aussi menteurs ou aussi erronés que ceux des sondeurs en période d'élections, et définissons les classes moyennes par d'autres critères non chiffrés, mais  économiquement significatifs.
Les classes moyennes, c'est l'ensemble des citoyens qui :

-gagnent un peu trop pour avoir une aide et ne bénéficient pas d'avantages sociaux réels ni d'allocations (je ne suis pas vraiment pauvre, mais de toute ma vie je n'ai jamais vu de près un chèque restaurant, j'ai donc des chances d'être encore dans les classes moyennes).

-paient des impôts mais ne disposent pas des liquidités nécessaires pour faire des dépenses défiscalisantes, et n'ont pas de réductions d'impôt excepté quelques dizaines d'euros de cotisations ou de dons aux oeuvres (les courriers de sollicitations commencent à pleuvoir, mais les destinataires ont-ils les moyens d'être généreux?).

Voici, à mon avis, quelques critères simples et plus parlants que des seuils fixés par des bureaucrates éloignés du "terrain".

Ces classes moyennes forment les gros bataillons d'électeurs. On peut se demander si les candidats aux élections primaires ou aux vraies élections tiennent bien les discours adaptés à cette cible. Apparemment, Nicolas Sarkozy, qui a ressorti ses discours de 2007 et 2012, n'a pas intéressé le corps électoral, qui a fait le ménage en lui imposant son deuxième abandon définitif de la vie politique. Lui, il est assez riche pour vivre sans ça, il ne fait pas partie d es classes moyennes, mais il est insatiable.....Fillon a fait payer à Copé sa prise pichrocoline de l'UMP contre lui, et Juppé est reparti, nettement battu mais avec un score moins honteux, s'acheter une nouvelle paire de bottes pour pouvoir se tenir droit dedans, celles des années 1990 étant usées.

Les acteurs qui s'apprêtent à rentrer en piste sauront-ils parler au peuple de ce qui intéressera le peuple, aux classes moyennes de ce qui intéresse les classes moyennes, et non de ce qui intéresse les médias richement rémunérés  et "le microcosme"? On est en droit d'avoir de sérieux doutes.

Publié dans Politique

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