Meurtre du politiquement correct

Publié le par Raymond Lévy

Vous vouliez une preuve péremptoire que l'Europe et l'Amérique avaient les meilleurs dirigeants du monde (ou qui se croyaient tels) ? La voici, et elle est irréfutable : ils se sont presque tous faits lourder par les électeurs ! Ce matin, en Italie, Matteo Renzi, loin d'être nul pourtant,   a démissionné après avoir perdu un référendum proposant des mesures jugées trop autoritaires et asservissant l'Italie aux institutions européennes, dépourvues d'électeurs. Voici Bruxelles affolée une nouvelle fois, après le BREXIT, par la défection de l'Italie et sa préoccupante situation financière. Au même instant, nous apprenons que le F.M.I., la Commission Européenne et Berlin sont incapables de se mettre d'accord sur la dette grecque, et que les électeurs italiens sont tentés par une sortie de l'Union Européenne. Deux faiblesses ne font pas une force, mais l'Italie et la Grèce pourraient bien se coaliser pour peser dans les votes européens. Vous me direz: tout ça ne concerne que des Latins, le reste de l'Europe est stable. Ben non ! Si l'Autriche, le même dimanche, a élu un président europhile, ce n'est que de justesse, car près de la moitié des électeurs ont pris parti pour M.Hofer, europhobe. Les Hollandais ont voté par référendum contre l'accord d'association de l'Europe avec l'Ukriane. Visiblement le souverainisme et ce que les Eurocrates dédaigneux appellent le populisme sont  en passe de dominer les opinions européennes.

Il faudra qu'on m'explique comment on peut prétendre gouverner au nom des peuples et prétendre mépriser toute tentative de séduire les peuples, ce qui est après tout l'essence même du processus démocratique  et électoral. J'en déduis qu'au moins sur un plan sémantique, ceux qui  méprisent le populisme méprisent aussi la démocratie.

Aux U.S.A., les intellectuels dominants, les "bien-pensants", la classe médiatique et intellectuelle correspondant à nos "bobos" Français, ont soutenu et vendu d'avance le produit Hillary Clinton, éliminée  pour un président non-conformiste. Oh, je sais, Hillary Clinton a obtenu plus de voix que son adversaire, mais mal réparties pour son malheur, et nos "élites" de se lamenter et d'y voir une faillite de la démocratie. Ils oublient simplement que les Etats-Unis d'Amérique, comme leur nom l'indique et il n'est pas inutile de le rappeler, sont une fédération d'Etats, unis mais votant dans le cadre national de chacun d'eux : ça s'appelle le fédéralisme, et c'est le voeu des eurocrates de nous fondre dans une fédération, au risque final de fédérer des peuples contre eux et de se faire éjecter par des majorités nationales qui ne réuniraient pas la globalité des citoyens Européens......

En France, le désir de renouvellement et le désaveu des anciens gouvernants s'est manifesté avec une vigueur extrême : les électeurs de droite ont éliminé un ancien président de la République, quelques anciens ministres et un ancien premier ministre pour, il est vrai, sélectionner un autre ancien premier ministre, mais sur la promesse de ce dernier de "casser la baraque". A gauche, le président de la République en fonction a du renoncer à se présenter. 

 Bilan cumulé : deux présidents de la République (Français) et deux premiers ministres (un Français, un Italien) au tapis !  On croirait entendre la foule gronder :"Ce n'est qu'un début, continuons le combat !" A propos d'anciens ministres, je me permets d'exprimer les plus vives craintes concernant le sort d'Hillary Macron,  soutenu  par les mêmes puissances d'argent et de propagande qu'Hillary Clinton, et qui présente le même handicap qu'elle : l'incarnation du système rejeté par les citoyens. Rappelons qu'Emmanuel Hillary Macron est issu des grandes écoles et de l'E.N.A., qu'il a été ministre et auparavant "au service des puissances d'argent". Il est le plus parfait représentant et le candidat idéal dudit système. On peut donc penser qu'il subira la même défaite que son homologue américaine. Pour le reste, le bal des poignards commence à peine.

Tout cela signifie-t-il qu'une dislocation de l'Europe soit inévitable, voire souhaitable ? Il faudrait s'entendre sur ce qu'on appelle l'Europe. Si on la réduit à son expression institutionnelle formelle, il faut sûrement faire quelque chose pour la transformer et la rendre acceptable aux yeux des peuples actuels, qui ne sont plus génétiquement ceux qui l'ont instituée il y a cinquante ans; les générations se sont renouvelées et leur esprit aussi. Si on ne fait rien, alors oui, cette Europe se disloquera forcément. Si on entend par Europe un espace économique, alors il faudra supprimer les distorsions de concurrence qui ruinent certains peuples, dont le peuple français, et peut-être sera-ce au prix pour les Allemands d'un vote contre Angela Merkel. Si on entend par Europe un espace partageant une culture commune, on peut espérer approfondir les liens entre les peuples dans cet espace culturel, à condition de ne pas en faire un espace islamique ni un espace d'ignorance des histoires respectives des peuples européens, ce dont certains accusent Mme Vallaud-Belkacem....Ce sont l'Histoire et la Culture qui lient les peuples européens (fût-ce par leurs affrontements).

Erasmus contre Goldmann-Sachs !

Publié dans International

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TAMA 12/12/2016 17:53

Non à l'Europe et non aux envahisseurs, dehors;