Malaises

Publié le par Raymond Lévy

Ces mois de juin et juillet nous ont révélé quelques couacs dans les communications présidentielle et gouvernementale, notamment sur les économies à réaliser  : l'annonce du prélèvement du financement des OPEX sur le budget des armées, les modalités de la réduction/suppression de la taxe d'habitation, l'augmentation de la CSG sur le dos des retraités, etc. On nous parle toujours de gestes en faveur des ménages les plus modestes, ce qui se traduit par un ostracisme et une discrimination envers les classes moyennes, concomitamment à des faveurs octroyées aux plus riches. Les classes moyennes en ont assez de payer et subir pour tout le monde. Elles deviennent pauvres, mais en France, il importe peu d'être pauvre (ou appauvri), il faut être pauvre en rentrant dans les cases de la communication et des formulaires d'aides et allocations. "Quo usque tandem abutere patientia nostra", s'exclamait Cicéron (Jusqu'à quand abusera tu de notre patience?, dans les Catilinaires)....Craignons les révoltes anesthésiées par les récentes élections, lorsqu'on s'en éloignera dans le temps.

Cela pourrait passer encore et durer, si en même temps le pouvoir ne continuait pas ses exécrables pratiques, en distribuant rentes et prébendes à ceux et celles qu'il reconnaît pour siens. Une ancienne compagne de l'ancien président de la république, repêchée par celui-ci comme ministre de l'écologie après avoir échoué à redevenir députée et présidente de l'assemblée nationale, a reçu récemment le titre bidon qui avait été octroyé à Michel Rocard d'ambassadeur chargé des pôles (peut-être parce qu'elle a perdu le nord?), et bien sûr les émoluments et facilités qui accompagnent cette charge inutile : il était urgent d'assurer le maintien du niveau de vie de cette princesse déchue de notre république, que des organismes financiers et régionaux de la même république accusent d'avoir ruiné l'ancienne région Poitou-Charente, dont la fusion a amené de nouvelles personnes à mettre leurs nez dans les comptes. Concomitamment, nous apprenons que, bien qu'elle ne soit plus ministre, cette royale personne continuera à bénéficier d'une protection qui ne se justifie manifestement plus, nécessitant quatre officiers de police et bien sûr un véhicule. Quatre poulets pour protéger une cocotte ? Je supporte mal que nous ayons à payer pour ça, la dame a les moyens de se payer des gardes du corps si elle le souhaite, et l'intérêt de sa  mission officielle aux pôles me laisse de glace.

En même temps, divers organes de presse ou d'internet se gaussent d'une proposition d'avancement de madame Martres, présidente du Syndicat de la Magistrature, vers un poste de présidente de chambre de cour d'appel (et non de vice-présidente d'une cour d'appel, appellation qui n'existe pas), y voyant une faveur indue après l'affaire dite du "mur des cons". Il faut rester prudent dans  l'appréciation de cette nomination, si elle se réalise : il est probable que l'intéressée sera maintenue en détachement comme permanente syndicale, ce qui est légal voire même d'usage, et n'exercera pas dans l'immédiat ses nouvelles fonctions. Elle remplit les conditions statutaires, je présume, car Google ne m'a pas indiqué son ancienneté. Alors, faveur suspecte ou crainte légitime pour le gouvernement d'être accusé de discrimination syndicale si elle ne réalise pas d'avancement, je me garderai bien de trancher, n'étant pas dans le secret.  Contrairement aux indications de l'article paru hier dans le blog "Décider et entreprendre", critiquant madame Belloubet, garde des sceaux, cette nomination n'échappera pas au contrôle du Conseil Supérieur, dont l'avis conforme est requis pour une telle nomination. La procédure sera donc régulière, que son résultat soit positif ou négatif. Mais ce sera un épisode de plus pour contester l'opportunité de laisser un pouvoir de proposition au gouvernement, par la DSJ (Direction des Service Judiciaires) c'est à dire à l'exécutif, en matière de nomination des magistrats, et pour demander le rattachement de cette direction à un organisme indépendant. 

Publié dans Politique - Humeur

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