Finalité détournée-complément

Publié le par Raymond Lévy

Le Sénat a rejeté ce projet de taxation exceptionnelle. L'Assemblée peut avoir le dernier mot, sous la pression du gouvernement. Ce dernier sera-t-il frappé d'un éclair de lucidité avant une nouvelle censure du Conseil constitutionnel ?

Le reste de l'actualité économique et fiscale est nourri par l'affaire dite des "Paradise Papers" : contrairement à l'affaire dite des "Panama Papers", elle ne révèle pas un circuit de fraudes, mais un circuit d'astuces fiscales. S'il est légal, nous rappellerons le dicton : "une loi n'est pas violée si elle est bien tournée".  Double langage des commentateurs : il serait très vilain de transférer ses capitaux à l'étranger, et tout aussi vilain de ne pas écraser les détenteurs de capitaux sous des impôts qui les font fuir, en même temps on déclare vouloir orienter l'épargne vers les investissements productifs, entendez les actions ou les obligations. Inciter les épargnants et institutions financières à investir leurs capitaux en actions et les taxer pour les décourager d'investir leurs capitaux en actions, c'est de la schizophrénie. Les actions deviennent victimes de l'inaction. Quand le président et le gouvernement commettent des bêtises comme l'augmentation de la CSG des retraités au profit des actifs (futurs voire proches retraités.....), les sondés les sanctionnent. Mais quand ils pratiquent une Realpolitik en supprimant l'impôt sur la fortune frappant les capitaux, pour qu'ils restent en France au lieu d'engraisser des intermédiaires, on peut leur accorder un bon point. L'ancien métier du président lui aura permis de mesurer ces phénomènes d'évasion (voire de les pratiquer, mais ne dit-on pas que les meilleurs garde-chasses sont les anciens braconniers?) et d'en tirer les conséquences raisonnables. Fût-ce par opportunisme, consubstantiel à la politique.

Publié dans Economie

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