Les partis sont partis

Publié le par Raymond Lévy

Selonun article de l'Humanité, retransmis sur Facebook, le parti LREM (La République En marche) serait en train de se vider de ses adhérents et militants, déçus par le mode de fonctionnement vertical du parti : le prochain président, Ch.Castaner, sera désigné par Emmanuel macron et non élu, malgré un  simulacre de ratification, la création de sections locales serait soumise à autorisation préalable du siège, les directives et slogans seraient issus du siège......Bref, l'Humanité, organe officiel du Parti Communiste Français, devenu un club du troisième âge, décrit très exactement et condamne  la transposition de son propre fonctionnement, ce qui est d'un humour succulent. Le PCF est mort et  LREM serait en train de mourir. Ce qui permet à Alain Juppé d'envisager un grand mouvement avec Emmanuel Macron.

L'électro-encéphalogramme des autres partis est-il plus animé ? Du côté de La France Insoumise, on admet que la dynamique est bloquée. Du côté de la droite, LR exclut les "constructifs", donc les perd en tant que membres et surtout élus cotisants. Laurent Wauquiez essaie de refaire du Sarkozy en se droitisant pour capter l'électorat du Front National, mais sans vouloir s'y allier, et son parti perd la mouvance Juppé. Le FN perd la mouvance Philippot,  qui lui avait apporté notoriété et croissance. Un avenir présidentiel pour Marine Le Pen ? Sa "fenêtre de tir" est refermée. Nicolas Dupont Aignan (président de Debout La France)devant la désaffection des Français pour les partis (y compris le sien) a lancé une plate-forme participative destinée à transcender les vieilles divisions, ce qui a fait le succès d'Emmanuel Macron. L'année 2017 a matérialisé la lassitude du corps électoral devant les structures et les luttes des hommes politiques en place. Les partis politiques français, comme les syndicats, ont les effectifs les moins nombreux d'Europe. Les gens peuvent s'exprimer par d'autres canaux, et notamment par des pages Facebook et des pétitions par Internet, qui traduisent mieux leurs aspirations que des partis incapables de les relayer. Les partis politiques sont en train de se faire dépecer, voire de se dépecer eux-mêmes, se vidant d'effectifs, d'idées et de substance.  Le rêve du général De Gaulle d'arracher la France au "régime des partis"  se réalise-t-il ? Etait-ce annoncé par la progression de l'abstention électorale ? Un processus intéressant à observer se révèle. Les partis font de moins en moins partie de nos vies : les partis en sont partis.

Publié dans Politique

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