La gratuité tue Bruxelles

Publié le par Raymond Lévy

Le Luxembourg va être le premier pays au monde à assurer la gratuité totale des transports en commun. Certes le pays est petit, et il est très intégré à l'Union Européenne à la sauce bruxelloise puisque c'est son ex-premier ministre qui, entre deux excès alcooliques, la dirige.  Celle-ci a pour dogme la livraison à la concurrence de tout ce qui est payé par les clients-consommateurs, et veut nous obliger à le céder à des entreprises commerciales. Le Luxembourg ne l'a peut-être pas fait exprès, et la Commission de Bruxelles n'a rien vu, mais aucune entreprise commerciale ne va postuler pour s'emparer des transports en commun , faute de gagner des euros avec quelque  chose que les clients ne lui paieront pas. Tout au plus une telle entreprise peut-elle proposer à la collectivité publique un forfait pour assurer un service dont ladite collectivité ne voudrait pas assumer la gestion, ce qu'on appelle externaliser une activité, mais si la collectivité veut s'en charger, le privé se trouve totalement exclu, et personne n'y peut rien.

Alors, sans vouloir verser dans un collectivisme marxiste dont l'inefficacité a été démontrée, n'y a-t-il pas dans ce précédent un exemple pour contourner la dictature de la Commission Européenne ? En rendant des prestations gratuites , il n'y a plus de concurrence pour se gaver en les faisant payer. La fourniture d'électricité, par exemple :  si on ne veut pas donner au privé l'exploitation des barrages et centrales hydro-électriques dont la construction a été payée par nos impôts, on  peut délivrer gratuitement l'électricité fournie par ces barrages. Après tout, le prix de l'électricité étant composé à 64% de taxes, il ne reste que 36% du prix à commercialiser.....ou non. C'est peut-être un trop gros morceau. Mais on peut décliner l'idée dans beaucoup d'autres domaines. C'est ainsi que le député Nicolas Dupont Aignan propose depuis des années que l'on renationalise les autoroutes payées par nos impôts mais pour lesquelles on a concédé une rente de situation à des sociétés commerciales, dont le montant scandaleux a été largement révélé hier sur internet. Si on continue à faire payer un péage aux usagers, on est soumis aux  directives européennes. Mais si on rend les autoroutes gratuites, on sort du domaine de la concurrence régentée par l'Union Européenne. On parle trop en France de services publics, mais dès s'ils sont devenus payants, ils ne sont plus de vrais services publics. La gratuité des services rendus est le moyen imparable de dynamiter en certains domaines l'emprise excessive de Bruxelles. Il ne faut plus tenir un discours éthéré sur les services publics. Il faut, en silence, faire sortir diverses activités de sa compétence en les rendant gratuites. La gratuité est la nouvelle dynamite anti-européenne et l'astuce pour échapper à un pouvoir dogmatique et peu légitime : il suffit de s'en passer.

Publié dans Economie

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