Printemps

Publié le par Raymond lévy

J'ai enfin  compris pourquoi il a fait tellement froid hier ! J'ai réalisé que c'était le premier jour officiel du printemps. Il était donc normal, en raison de l'esprit français de contradiction, que nous eussions un temps d'hiver, et ça risque de se renouveler bientôt quand nous passerons à l'heure d'été. Il est vrai que les arbres bourgeonnent.  On dit que l'avenir est aux jeunes pousses.  Nos élites médiatiques ont un temps de retard, et TF1 a organisé hier un débat politique avec cinq personnes qui ne figurent aucun renouvellement. Toutes sauf la candidate féminine sont d'anciens ministres d'un bord ou de l'autre (voire des deux avec Bayrou imaginé en arrière plan d'E.M.), y compris Mélenchon, on l'a  oublié, tant son action n'a laissé aucune trace pérenne, et Macron, paré d'habits du renouveau alors qu'il est l'inspirateur de la politique de François Hollande et son clone (mais façon Brutus) rajeuni. Ces cinq personnes font partie de notre "bruit de fond" depuis des années, voire des dizaines d'années. Un tel casting ne sent pas le printemps. Il illustre la glaciation médiatique qui fossilise notre monde politique.  Le Conseil Constitutionnel a homologué onze candidats, mais la chaîne (que ce mot est donc approprié en la circonstance !) n'en a homologué que cinq. La constitution interne du pouvoir de TF 1 l'emporte sur la constitution de la République Française. Ne proclamons pas ce débat inconstitutionnel : admettons qu'il est a-constitutionnel. La sanction est tombée en termes d'audience : l'un des refoulés, Nicolas Dupont Aignan, a obtenu plus de deux millions de vues de la vidéo montrant son retrait avec éclat du plateau de la dite chaîne, le lendemain, sans compter les partages et les tweets. Les programmes des candidats  de TF 1, quand ils en ont  un, ou à défaut leurs discours, sont connus, et pas forcément ceux des nouveaux venus: peut-être qu'ils seraient moins barbants à écouter, et des débats entre eux plus vivifiants. TF1 a négligé une des grandes leçons que la nature donne à chaque printemps : les jeunes pousse qui percent la croûte d'un sol gelé ont plus d'avenir que les arbres morts.  TF1 a choisi le conservatisme et en dépérira.

 

Publié dans Politique

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Michel Terrier 21/03/2017 16:21

C'est bien pessimiste ce texte, en principe le printemps pousse à l'optimisme, à la joie.