Sécurité : chères économies !

Publié le par Raymond Lévy

Enfin dans le Courrier International", l'Obs et le "Huffington Post", on se décide à dire tout haut que la politique d'austérité impulsée par l'Europe a mis nos sociétés en danger ! Je relève notamment ces propos : "L'austérité a fragilisé la réponse européenne à la menace terroriste : les coupes budgétaires opérées durant la crise économique en Europe ont fragilisé les capacités des forces terroristes, selon les analystes, qui constatent que les autorités sont désormais contraintes de faire machine arrière.Les policiers ont été très durement touchés et cela fait quelque temps qu'ils disent tout haut qu'ils n'ont pas assez d'argent.", selon le professeur Kaunert, de l'université de Dundee, en Ecosse. Suppression de 13.000 postes dans les forces de sécurité intérieure françaises entre 2007 et 2012. J'observe que les dates données correspondent au calamiteux quinquennat présidentiel de Nicolas Sarkozy, qui a été pris d'une véritable frénésie de suppression de postes. Je n'ai jamais compris le paradoxe de ce personnage, partisan excité d'une politique autoritaire, sur la promesse de laquelle il avait bâti sa victoire, et qui a démantelé tous les instruments d'Etat sur lesquels il pouvait appuyer l'application d'une telle vision. Le résultat en est qu'il s'est délégitimisé aux yeux de ceux qui ont cru en ses attitudes et ses proclamations au Kärcher, et qu'il ne reconquerra jamais leur confiance, réduit à courir, avec des troupes d'adhérents de plus en plus réduites, derrière d'autres qui paraissent aux Français plus crédibles en matière de sécurité.

Chute de près de 12% des forces de police en Angleterre et au Pays de Galles depuis 2010. Remplacement de seulement 20% des départs à la retraite en Italie entre 2008 et 2014 (sauf en 2010 et 2011).

"Lorsque les budgets sont réduits, les tactiques les plus coûteuses, comme la surveillance, sont souvent les premières à être affectées" (John Moran, professeur à l'université de Leicester).

"Courrier International" nous relate des propos tenus par Abdou Semmar, rédacteur en chef d'Algérie Focus, recueillis par Hoda Saliby, sous le titre:"La France a fait les mauvais choix."

"Ce que l'on peut dire à la France, c'est de revoir sa politique vis-à-vis des pays musulmans et surtout vis-à-vis de la crise syrienne, où elle a contribué à affaiblir les forces de Bachar El-Assad, croyant que cela allait favoriser la démocratie." Ce mauvais choix a favorisé des groupes islamistes radicaux, l'a affaiblie et a fait d'elle une cible privilégiée. "Le soutien non contrôlé à l'opposition syrienne armée a donné naissance à des groupes djihadistes qui disposent d'une logistique militaire pour frapper l'Occident." Ce rédacteur en chef appelle ensuite à éradiquer la pensée islamique salafiste et à revoir nos relations avec des pays fondamentalistes comme l'Arabie Saoudite et le Qatar, qui soutiennent cette pensée extrémiste. Pour ce qui est des "Républicains" de Nicolas Sarkozy, n'y comptons pas : ce dernier est sous influence, par le biais des rémunérations astronomique qui lui sont versées pour ses conférences dans ce pays. Côté socialiste, il n'y a rien de mieux à attendre tant qu'on conserve un ministre des affaires étrangères fossilisé dans son obsession anti-Bachar. Non que Bachar El Assad eût mérité notre soutien par ses vertus ! Mais on a vu ce qu'ont donné l'élimination de Saddam Hussein et de Mouammar Khadafi, et notamment l'élimination par le proconsul américain du parti Baas et de l'Armée irakienne, dont les cadres se sont vendus à nos ennemis actuels....Je n'ai pas constaté que la démocratie s'en fût mieux portée dans ces pays ! Je constate aussi que le pays qui a le mieux réussi sa transition démocratique : la Tunisie, est pour ce seul fait visé par des attentats sanglants. Ce ciblage confirme que les terroristes obscurantistes ne redoutent rien tant que le succès des lumières de la liberté, susceptibles d'anéantir leur influence.

La politique bruxelloise imposée aux pays occidentaux, qui a cruellement frappé les populations, et pas seulement les Grecs, le suivisme de nos dirigeants, l'appel allemand à faire venir des migrants, parmi lesquels se sont glissés des terroristes, sont catastrophiques. Nos démocraties, nos libertés, notre mode de vie, sont en danger. Sous la contrainte, François Hollande s'est décidé à recourir à l'état d'urgence, que Nicolas Dupont-Aignan réclamait depuis les attentats de janvier. Ses mesures exceptionnelles ont donné des résultats inespérés, permettant la neutralisation des auteurs des attentats du 13 novembre. On ne peut que s'apitoyer sur la pauvreté des propos hostiles à l'état d'urgence, tenus par Noël Mamère à l'Assemblée Nationale, et par le Syndicat de la Magistrature dans un communiqué décalé : l'efficacité leur semble apparemment le pire des maux et des mots.

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